Aéroport de Lille Lesquin: l’extension ne passe pas bien …

Date d’inauguration reportée

 

L’arrivée de nouveaux gestionnaires, en janvier 2020, a fait naître un projet d’extension de 50 % et de rénovation de l’aéroport de Lille-Lesquin, jugé proche de la saturation en termes de trafic.

Or, la crise du Covid-19 est passée par là et le projet a pris du plomb dans l’aile avec la baisse drastique du nombre de voyages aériens. A tel point qu’en début d’année, la date d’inauguration du nouveau terminal aérien, prévue en 2023, a été reportée sine die.

 

Le permis de construire a été déposé pendant l’été . Examen à moitié réussi. L’autorité considère notamment que « la partie consacrée à l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre présente un excès d’optimisme du fait des hypothèses non réalistes sur lesquelles elle repose ».

 

Un avis qui nécessite de reprendre l’étude. A la grande satisfaction du collectif d’opposants baptisé Nada (Non à l’aéroport de Lesquin), lequel voit une confirmation de ses mises en garde. « Les bonnes intentions environnementales affichées par les promoteurs du projet ne suffiront, en aucun cas, à compenser les effets néfastes de cette augmentation des émissions de gaz à effet de serre », glisse-t-il dans une pétition en ligne.

« L’avion du futur, ce devrait être le train »

 

« On assiste aujourd’hui à un déni total de l’industrie aéronautique avec la lubie des agrocarburants et de l’hydrogène qui nécessiterait un remplacement du parc d’avions à un rythme effréné. Or, on est à seulement 1,4 % par an. On voit bien que ce n’est pas possible », assure Constant, coprésident de Nada.

 

Ce dernier estime que l’extension n’a pas lieu d’être : « Deux tiers des vols sont des vols intérieurs qui peuvent être remplacés par le train. L’avion est un moyen de transport de privilégiés, 30 % de la population ne l’a jamais pris. L’avion du futur, ce devrait être le train ».

Eviter le développement de l’urbanisation

 

D’autres aspects du projet font également l’objet de critiques de la part de l’AE, notamment « l’extension envisagée pour les parkings (…) susceptible d’incidences induites sur l’environnement et la santé humaine ». La desserte de l’aéroport repose, en effet, très majoritairement sur la voiture individuelle.

 

L’AE recommande ainsi d’adopter les tarifs de stationnement dissuasifs pour « inciter les usagers à se reporter sur les transports en commun » et, par ailleurs, de « pérenniser la suspension du programme immobilier pour éviter le développement de l’urbanisation et ses incidences sur les terres agricoles et les trafics routiers ».

 

Couvre-feu nocturne ?

Parmi les sujets qui fâchent, l’autorité préconise aussi « d’envisager un couvre-feu nocturne de manière à garantir aux riverains des plages nocturnes d’au moins sept heures de repos continu ».

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